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Remerciements
Illustrations : Camille Baudoin. Photo : Murielle Berthelot. Illustrations : Camille Baudoin.
Lorsque le home staging fait son apparition en France en 2006, il existe depuis plus de vingt ans aux États-Unis. Cette pratique, qui consiste pour un particulier à faire appel à un professionnel pour mettre en valeur un bien immobilier afin de mieux le vendre, est prise très aux sérieux par deux femmes, deux pionnières en quelque sorte, Yasmine Médicis et Sylvie Aubin. En effet, cette même année, chacune ouvre son agence, respectivement "Mon Home Staging" et "En toute sérénité". Depuis, si le home staging a progressé, les mentalités restent encore à la traîne. Car, comme l'assène catégoriquement Yasmine Médicis : même encore aujourd'hui, "les Français mettent en vente des biens immobiliers dans un état catastrophique".
2007, l'année du boom 2006 année des prémices, puis 2007, qui connaît un net ralentissement de l'activité immobilière, suivi d'une baisse de 10 % des prix et de 30 % des transactions avec un allongement des délais de vente. Simultanément, les Français, dont le goût pour la déco ne cesse de s'affirmer, découvrent le home staging à la télévision, par le biais de l'émission "Maison à vendre" diffusée par M6. Un succès immédiat, dopé un an plus tard par un reportage de l'émission de TF1, "Combien ça coûte ?". En quelques mois, le home staging a acquis une vraie visibilité. À cela s'ajoute le succès du Web, qui favorise aussi le home staging : aujourd'hui, neuf personnes sur dix épluchent les annonces sur Internet et "visitent" les biens grâce aux photos et vidéos avant de se déplacer. L'enjeu est primordial puisque l'achat se joue souvent sur la première impression. "L'annonce doit montrer un lieu joli et bien présenté" d'après Sylvie Aubin. Ceci dit, les mentalités en la matière, si elles évoluent, ont donc encore, pour paraphraser Yasmine Médicis, bien du chemin à rattraper et bien des choses restent à apprendre aux Français...
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Illustrations : Camille Baudoin. Photo : Murielle Berthelot. Illustrations : Camille Baudoin.
Le home staging, c'est donc faire de n'importe quel logement un "lieu joli et bien présenté". Mais pour autant, il ne faut pas confondre cette pratique avec la décoration d'intérieur : "Le home staging se rapproche bien plus du marketing, explique Yasmine Médicis. Il s'agit de préparer un bien pour le vendre correctement." Or, au moment de vendre leur bien le plus précieux, la plupart des propriétaires oublient les gestes élémentaires que demande une vente : "Pour une voiture, passer un coup d'aspirateur ou repeindre une rayure, cela va de soi. Pourquoi pas pour un appartement ?" s'étonne toujours Sylvie Aubin.
Désencombrement et nettoyage L'investissement semble souvent superflu aux vendeurs qui, mentalement, ont déjà quitté les lieux. C'est pourquoi, dans un premier temps, les home stagers s'attachent à dépersonnaliser et à désencombrer : exit les photos, les dessins d'enfant et les souvenirs privés. Place à l'essentiel ! "Pour plaisanter, je compare souvent mon métier à de l'exorcisme : il s'agit de faire sortir le propriétaire de sa maison !" s'amuse Yasmine Médicis. Mais attention, s'il faut évacuer les meubles superflus, les home stagers conseillent de ne pas laisser l'endroit vide : c'est le mobilier qui donne vie à une pièce mais aussi son échelle et on peut toujours en louer en cas de besoin. Un rafraîchissement (peinture et sols) est aussi souvent proposé puisque "90 % des gens sont incapables d'imaginer autre chose que ce qu'ils ont devant les yeux" affirme Sylvie Aubin. La prestation du home stager comprend également souvent le rangement, les réparations diverses (prises électriques arrachées, carrelage décollé...) et le nettoyage.
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Illustrations : Camille Baudoin. Photo : Murielle Berthelot. Illustrations : Camille Baudoin.
Le home staging cherche ses marques et multiplie les gages de sérieux. Ainsi, pour tenter de réglementer une profession où sur un milliers de home stagers déclarés, un tiers seulement seraient de véritables professionnels, celle-ci s'est dotée d'une fédération C'est ainsi qu'en 2009 est née la Fédération des professionnels du home staging (FPHS). De son côté, la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), à travers des programmes enseignés dans son École supérieure (ESI), sensibilise à ce sujet ses futurs agents immobiliers. C'est d'ailleurs tout leur intérêt que de mieux connaître ce secteur : beaucoup travaillent désormais avec des home stagers, notamment pour leurs capacités à redynamiser certaines ventes engluées depuis des mois.
Ce qu'il faut savoir Les prestations proposées sont multiples et leur coût varie d'un home stager à l'autre, et selon les régions. Néanmoins, il faut compter environ : - 50 ¤ pour une simple visite assortie de conseils ; - 250 ¤ pour l'établissement d'un diagnostic avec rapport écrit ; - de 500 ¤ à 2,5 % du prix de vente pour un diagnostic et une intervention avec travaux, location de mobilier... Pour être sûr de faire le bon choix, vous pouvez consulter les sites Web de la FPHS, www.fphs.org, et du réseau Home stager professionnel, www.home-stager-professionnel.com. Ils donnent tous deux les coordonnées de nombreux professionnels dont la formation et les réalisations ne sont plus à démontrer. www.lehomestaging.fr et www.homestager.fr sont des annuaires qui regorgent d'adresses, mais ne font pas de sélection. Il faut donc être vigilant et exiger du professionnel choisi la démonstration de ses capacités en lui demandant, par exemple, ses références. Enfin, le bouche-à-oreille reste un excellent moyen de trouver un home stager de qualité.
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Illustrations : Camille Baudoin. Photo : Murielle Berthelot. Illustrations : Camille Baudoin.
Sylvie Aubin, directrice de l'agence "En toute sérénité" DCCV.COM : Quelle différence y a-t-il entre home staging et décoration d'intérieur ? Sylvie Aubin : Les décorateurs personnalisent un lieu en le faisant correspondre aux goûts et mode de vie de son propriétaire. À l'inverse, nous dépersonnalisons les biens en les transformant pour qu'ils soient attrayants pour le plus grand nombre de visiteurs.
DCCV.COM : Comment les décorateurs réagissent-ils face à votre travail ? S. A. : Certains trouvent cela amusant. D'autres s'évanouissent devant mes "trucs" : par exemple, lorsque je fais des coussins avec des torchons et quatre points de colle ! Tout ce que je demande, c'est que ce genre de réalisation tienne le temps de la mise en vente.
DCCV.COM : Pourquoi ce développement assez rapide de votre activité en France ? S. A. : L'oeil des gens s'est éduqué en matière de décoration. Or, pour vendre un logement, c'est la première impression qui est primordiale : il s'agit pour le vendeur de provoquer un coup de foudre. D'où l'intérêt de faire appel à un professionnel si on n'est pas sûr de soi.
Jean-Noël Martin-Berthole, client sa-tis-fait ! "Au moment où je mettais en vente l'appartement de mes parents, j'ai découvert dans Le Monde un article très convaincant consacré au home staging. J'ai contacté une agence qui m'a tout de suite impressionné par son professionnalisme. J'avais envisagé de réaliser quelques travaux avant la mise en vente : repeindre en blanc, refaire l'électricité, enlever la moquette... Mais certaines choses m'avaient échappé, que l'agence m'a apportées, comme repeindre le couloir en taupe, couleur tendance, remplacer les vieux meubles par leurs équivalents contemporains, mettre des tableaux floraux pour la touche de couleur... Sur la base de ce travail, j'ai fait de belles photos avec lesquelles j'ai illustré l'annonce que j'ai mise sur le Web. Le résultat ? Énormément d'appels, beaucoup de visites... et de compliments ! En trois mois, j'ai réalisé la vente et, surtout, au prix que je voulais !"
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