Chez Colombine, c'est une explosion de couleurs ! Rien d'étonnant : styliste pour le compte de plusieurs magazines, elle ne conçoit pas la décoration de façon monotone. Dans sa petite maison de banlieue parisienne, elle jongle avec les palettes, use et abuse des contrastes... Des couleurs, on n'en compte pas moins de cinq dans le salon. Et associer fleurs, pois, rayures et motifs écossais ne lui fait pas peur, bien au contraire ! Entre kitsch et baroque, la maison de Colombine est une sorte de petite bonbonnière.
Tout sauf tiède : chargé de symboles, le rouge traverse époques et cultures sans prendre une ride. Couleur de l'interdit, de tous les excès, il est souvent opposé au bleu, plus consensuel. En petites touches pourtant, il sait réchauffer n'importe quel intérieur, souligner un élément d'architecture. En total look, un monochrome dense crée immédiatement une ambiance feutrée. Révolution, passion, tentation... pourquoi pas simplement décoration ?
Une séquence de rayures colorées sur le mur d'un couloir égaie cet espace rarement évident à décorer. Un bel effet graphique est ainsi obtenu grâce à une succession de bandes de différentes largeurs. Une idée déco qui donne du relief et du cachet à cet espace trop souvent délaissé.
En Inde, le orange est une couleur sacrée, symbole de puissance vitale. Il serait dommage de se priver d'une telle source d'énergie dans notre grisaille occidentale. Sans retomber dans les excès décoratifs des années 70, on peut l'utiliser aujourd'hui en petites touches, le décliner avec du noir, du gris. Quelques objets de cette teinte chaude dynamisent n'importe quel intérieur. Acidulée, vitaminée, les adjectifs sont assez évocateurs !
On vit une époque formidable ! En déco, bien sûr. Finies les règles strictes, on invente ses conventions. Côté couleur, c'est l'explosion ! Jamais les teintes proposées n'ont été aussi variées. Mettre de la couleur dans son intérieur est devenu un luxe à portée de tous : un peu d'audace, un pinceau, et on n'en fait qu'à sa tête. Du fuschia et du orange, pourquoi pas ? Et si on préfère les nuances, il suffit de demander. On fait ce qu'on veut...
La couleur crée les perspectives. Claire, elle pousse les murs d'un espace toujours plus grand. Sombre, elle dessine les contours d'un lieu plus intime. Vive, elle attire le regard. Douce, elle invite au calme. La couleur pour transformer sa maison, c'est possible. Il suffit de connaître deux ou trois astuces pour faire illusion et planter le décor de ses envies.
Dans leur loft, Patricia et Marc ont habillé les murs d'un camaïeu de gris et de brun, allant du grège au brun bitume, en passant par différents tons taupe et tourterelle. Éclairées par une abondante lumière naturelle, ces teintes sont systématiquement associées à de grands aplats blancs, échappant ainsi à la tristesse qu'elles pouvaient laisser craindre. Le résultat, très « béton brut », accentue l'esprit contemporain des lieux. La couleur contribue aussi à définir les zones de ce volume unique, puisque chacune - cuisine, salle à manger et salon - se voit attribuer une nuance spécifique.
Dans leur appartement, Flore et Yves, ont paré les murs de teintes franches. Les chambres, classiques, sont colorées de grands aplats. Mais dans le grand volume où s'intègre le salon, la salle à manger, la cuisine et la salle de bains, tout a été redessiné. Les deux pièces techniques ont été circonscrites dans des « boîtes » et, surtout, chaque espace se voit attribuer des couleurs spécifiques, qui définissent visuellement sa fonction et sculptent les volumes. D'une pièce à l'autre, pas de parti pris : la palette ose le rouge à proximité du bleu azur, du vert pistache et du gris rosé...
Quand un globe trotter pose ses valises dans une maison bourgeoise, le résultat est forcément un peu... décalé ! Comme un 'bon sauvage' ayant investi un lieu sans en connaître l'usage, Christian a essaimé ça et là souvenirs de voyage et autres coups de coeur. Métissage, voire télescopages, sont au rendez-vous, dans un joyeux foisonnement d'objets hétéroclites. Une bousculade en couleur.
La couleur
Les partis pris d'un créateur sont toujours identifiables. Cultivant le mystère, Martin Margiela a modelé un lieu où le blanc sert de fil directeur à une mise en scène savante, une atmosphère de fête hors du temps. Aller-retour permanent entre inachevé et sophistication, tout son faste réside dans l'orchestration des détails plutôt que dans les matériaux employés, qui évoquent plus l'Arte Povera que la haute couture. Et pourtant, quel luxe !
Pour les murs de leur maison de ville, Agathe et Gaspard ont fait le choix de l'audace et de l'originalité : après avoir ouvert les volume à chacun des trois niveaux, ils ont recouru à des couleurs peu communes et les ont juxtaposées en contrastes forts. Résultat : grâce à la subtilité des tons retenus, du jaune miel au vert tilleul, en passant par le gris acier et le brun chocolat, la diversité a engendré une grande unité, et l'harmonie règne à tous les étages.
Les tons pastel donnent tout son romantisme au petit appartement d'Elsa... Les coloris, presque transparents, apprivoisent et renvoient la lumière en la teintant de nuances très douces. Le rose dragée de la pièce à vivre et le vert pâle de la chambre, opposés, sont délicats et se répondent avec subtilité. Côté déco, l'habile mélange de meubles contemporains et de copies d'ancien joue avec les mêmes tonalités et contribue au style précieux et très féminin des lieux.
L'aide d'un architecte a été précieuse à Claire et Jean-Michel pour aménager au mieux leur lieu de vie dans les combles. Création d'une terrasse, utilisation optimale des renfoncements, installation de portes coulissantes : tout l'aménagement est au service d'une circulation sans entraves. La charpente, mise à nu, omniprésente, sert de fil directeur décoratif : tonalités brunes et bois se répondent dans la lumière. Comblés ? Comblés !
A l'inverse du rouge, issu des ocres et très tôt maîtrisé par les hommes, le bleu, fabriqué à partir du lapis-lazuli, est longtemps resté une couleur rare et précieuse, donc apanage du sacré, de la royauté. Si elle s'est démocratisée au point d'être aujourd'hui encore une des couleurs les plus populaire, elle n'en est pas forcément plus facile d'usage. Heureusement, mers du sud et pays chauds offrent toutes les nuances pour éviter le blues.